xDocteur tree pays basque

Extrait: » le Petit livre des Arbres », CHENE édition.

Les arbres nous ont largement précédés sur la planete! On date leur apparition de la période dévonienne, il y a 395 millions d’années. la flore terrestre se limite alors á des algues, á des mousses et des fougeres. Comme ces dernieres, le premier végétal ligneux, formant tronc et ramure (ainsi définit-on un arbre), se reproduit par spores: appellé Archaeopteris, il peut atteindre la vertigineuse hauteur de 50 metres.

L’arbre avant l’histoire.

Au carbonifere (345 milions d’années av J-C), les successeurs d’Archaeopteris croissent tres rapidement, mais meurent juste apres avoir produit des spores. A la meme periode, a lieu une formidable évolution : les arbres produisent des fleurs et des graines, et commencent á se reproduire par pollinisation. Les premiers spécimens d’arbres qui ressemblent á ce que nous connaissons ont un feuillage persistant. Mais les féroces différences de température entrainent la naissance puis la prédominance de végétaux á feuille caduques, plus aptes á se défendre contre le gel et la sécheresse. Les especes existantes se mélangent sans considération de territoire. La dérive des continents va les séparer. Elles suivrons désormais leur propre évolution. Au pliocene (10 millions d’années), les glaciations successives portent un rude coup á la flore. Seuls les arbres les plus résistants survivront. Des vagues de froid violent,suives de periodes de réchauffement intense, touchent l’hémisphere Nord. Sur les continents américain et asiatique,les arbres peuvent migrer vers le sudet ypoursuivre leurpeuplement en colonisant de nouveaux espaces. En europe, la Méditerranée et les Pyrénées les arretent: la plupart des especes s’étaignent, á l’exception des chenes, des saules, des ormes….

Les humains et les arbres.

L’intervention humaine va changer la donne des l’Antiquité. De leurs expéditions militaires vers l’Orient, Grecs et Romains rapportent des essences dont ils ont pu apprécier les bienfaits. Ils réussissent l’implantation des figuiers, des oliviers, des noyers dans tout le bassin méditerranéen. Ils donneront aussi naissances á de nouvelles variétés. Les arbres du genre Prunus, par exemple, issue du meme tronc commun, se diversifient en pruniers, en abricotiers,en pechers, en amandiers, en cerisiers…L’utilisation du bois s’affine au fur et á mesure que l’on identifie les qualités de chaque espèce: la robustesse destine á la charpente, l’étanchéité á la construction navale, la souplesse á la lutherie, la finesse du grain á l’ébénisterie…

Les arbres, les dieux et les légendes

L’impressionnante stature de géant comme le chene ou le frene inspire un respect melé de crainte. Voyant dans tous les phénomènes naturels une intervention surnaturelle, les peuples antiques vouent un culte á leurs arbres familiers. Dans les mythologies grecque et romaine, les arbres incarnent une divinité ou lui sont dédiés. Leurs naissances miraculeuses sont racontées dans des légendes qui melent les caractéristiques observées chez l’arbre et le tempérament preté a tel ou tel dieu. Les Germains, Les Scandinaves, les Celtes, les Amérindiens et les peuples d’Asie ou d’Afrique, construisent pareillement des mythes autour des arbres. La fascination pour les arbres perdurera á travers les contes et légendes populaires. La foret abrite une faune sauvage pas toujours amicale, et souvent des individus animés d’intention malveillantes. Sombre, parfois impénétrable, inquiétante, on peut s’y perdre, mais aussi s’y cacher. C’est ce que feront les fées, les magiciens, les sorcières, les lutins, les elfes et maintes autres créatures nées de l’imagination humaine. Du Chaperon rouge á Harry Potter, la foret restera le théâtre d’aventures délicieusement terrifiantes.

Le commerce des arbres.

Mythes et croyances vont peu á peu céder le terrain á des considérations plus pragmatiques: les lois du commerce. Des le Moyen Age, des fruits et des épices en provenance d’Orient parviennent en Europe. Ces denrées rares sont aussi fort onéreuses. Les croisées rapportent dans leurs bagages des essences qu’ils souhaitent implanter pour les exploiter en Occident. Ils si heurtent bien évidemment á des impératifs climatiques: l’oranger, par exemple, ne s’acclimatera jamais au nord des pyrénées, Les missionaires en Asie réussissent,en revanche, avec l’importation du murier blanc porteur du bombyx, á affranchir l’éurope du monopole chinois sur la soie. Avec les expédiditions maritimes au XVIIe siecle, les puissances européennes découvrent des especes américaines, du nord, du sud, ou des caraibes. Le tinctorial campeche, le cacaoyer, l’acajou et les caoutchoucs déclencheront bien malgré eux une féroce concurrence commerciale.Tandis que du coté asiatique, se livreront les batailles du muscadier et du cannelier, il ne sagit plus d’implanter des essences, mais d’en controler la production sur place et l’exportation. La surexploitation fait ses premiers raveges.